Qu’il est difficile de surmonter une épreuve de la vie, instant tragique, la pertes d’un membre de la famille, d’un ami, d’un compagnon ou même celle qui représente les 3 à la fois : Mahina.
Je me souviens encore trouver ridicule la comparaison d’un animal et d’un enfant, le fait de lui passer toutes ses envies, ses caprices, de le pouponner, de le chouchouter, surtout lorsqu’il ne s’agit que d’un chien. En réalité, j’aime les animaux, mais je les aimait de loin jusqu’à présent. Je n’ai jamais eu d’animal pendant mon enfance, mais j’avais plaisir à les côtoyer dans la rue ou dans la famille.
Étant plus jeune, peut être 15 ans sur ma tête, j’imitais un miaulement pour attirer les chats trop craintif pour échanger quelques caresses. Un animal à la maison ? Je ne suis pas pour, la peur de l’attachement mais surtout le déchirement, le jour ou celui ci s’éteindra. Je n’aime pas donner comme contrainte de venir le nourrir, cette pauvre bête cloitrée dans la maison pendant que nous partons en vacances, même si je sais que c’est courant, que l’animal est tranquillement à l’intérieur et que rien ne peux se passer. Sans doute j’aurai tendance à trop le comparer à un enfant : Que vas-t-il faire ? Il va s’ennuyer. Et souvent nous le fait payer à notre retour, bien qu’heureuse de nous revoir enfin.
C’est ainsi que Mahina intégra la maison en Mai 2008. Cette petite puce devint vite la chouchoute à la maison, on s’amuse, on rit, on l’aime. Notre princesse n’est pourtant pas si docile, le jour même de son arrivée, content de déballer mes nouvelles enceintes, elle ne manquera pas de griffer la toile ! Déjà petite, quelques heures passées avec me font déjà regretter ! Et la miss, en ce temps, avait compris. Elle avait fait sa bêtise et, grincheux dans mon canapé, stressé par cette « attaque », elle était venue d’elle même sur moi pour se faire pardonner. Sans doute, l’unique fois ou elle est venue sur moi.

1ere visite chez le véto, la belle groûle, elle ne veux pas se laisser faire, cet instant, malgré notre présence n’arrive pas à la rassurer, pourtant ses vaccins se doivent d’être fait, y compris l’insertion de sa puce d’identification. Née le 7 février 2008, chat européen portant les traits d’une Sacrée de Birmanie. Elle a le poil mi-long qui me fait passer le balai au moins une fois par jour, blanche, grise, un peu marron, des yeux bleus magnifique, louche parfois (typique des chats de race bien qu’elle ne soit pas LOF) une tache blanche entre ses omoplates et une tâche foncée sur le coussinet de sa patte droite, on la connait par cœur.

Mahina n’est pas parfaite. Trop craintive, elle n’approche pas les gens, elle les refoules d’un coup de pattes, sort ses griffes, et vous crache le feu : vous n’êtes pas sa copine ! Difficile de lui faire changer son état d’esprit ! D’ailleurs, à peine quelques semaines de passées (et même 1 semaine si je me souvient bien), elle se fêle déjà la patte ! L’escalier trop raide, sa dextérité imparfaite, elle glisse. Pas de panique, rien de méchant enfin sauf pour les vétos.
Ah ca oui, les vétos n’ont qu’a bien se tenir devant la petite terreur : scanner de la patte, le véto qui tentait de la maintenir est revenu avec de belle griffes à sang. Cela ne fait pas plaisir, mais on vois clairement qu’elle n’est pas confiante avec un étranger ! Chacune de ses visites fut d’autant plus terrible.
Sa seconde visite ne fut pas non plus un exemple, opération de stérilisation. La belle reviendra à la maison, collerette au cou, ceci afin d’éviter qu’elle touche à ses fils. Complétement dans le gaz, j’avais même peur qu’elle s’étouffe tellement sa tête était lourde. Je l’ai bichonné puis laissé tranquille. A mon retour, bien que je n’était que dans la chambre voisine, la chipie avait disparue ! En fait pas bien loin, elle s’était emmitouflée sous la couette.

Elle reconnait l’endroit, sa 3e visite à cause d’un problème de calcul rénal, la véto l’a aussi apprit à ses dépends ! Restée en observation pendant 24h, impossible pour elle d’approcher la cage du fauve, j’irai donc la chercher moi même : à peine arrivée, elle me crache le feu, sans doute encore trop énervée. Un petit signe de ma voix, la voilà radicalement changée ! Elle devient calme, se laisse même prendre sans broncher dans mes bras devant la vétérinaire.
Mahina n’est pas une chatte facile, mais heureusement, avec nous, c’est autre chose ! Si elle n’avait que faire de nous mordre ou nous empoisonner la vie, nous ne l’aurions sans doute pas gardée. Vous qui êtes déjà venu, vous en gardez surement un souvenir « spécial », pourtant cette bête ne fait de mal à personne. Pendant ces années de présence, notre protection sans doute trop grande l’empêche de sortir. Habitant dans un virage, des voisins que nous connaissons à peine, des cas reportés d’empoisonnement : notre chatte ne sortira pas ! Enfin si, en laisse. D’ailleurs les personnes qui la voient s’amuse et s’étonne : un chat en laisse ? Mais qu’elle est belle ! Et oui, Mahina est vraiment très jolie. Je l’ai choisie. Je ne voulais pas d’un chat Européen classique, mais d’un beau chat, ma seule condition.
Mais la laisse ne lui plait pas, peureuse de la circulation, pas habituée au bitume, elle n’avance pas, préférant découvrir pendant un quart d’heure, ce qui se trouve juste à côté de la maison. Du coup, elle finie souvent à bras, sans que ca lui déplaise pour autant.
Le temps passe, elle qui a goûtée au plaisir de la sortie, commence à regretter ce temps. Difficile de la sortir, j’ai prit un chat pour son indépendance, pas pour être sa nounou. Le chat vit sa vie. Elle se lave elle même, d’ailleurs, c’est une adepte de l’eau ! Non les chats n’ont pas tous peur de l’eau. Elle s’y plait. Évidement il ne faut pas l’arroser, c’est elle qui viendra jouer. Elle joue avec sa gamelle, avec les glaçons qui tombent du frigo américain, elle boit au robinet ou s’amuse avec.

J’aime ce chat. J’aime notre échange, j’aime sa présence, j’aime sa beauté. Et souvent je la chahute. Je ne sais faire autrement. Je l’aime mais de son côté, elle n’est pas très démonstrative. Depuis toute petite déjà, histoire de vous réveiller, elle s’amusait à vous planter ses griffes sur vos pieds ! Mais jamais dans la nuit, toujours quelques minutes avant ou après le réveil matin. Ce n’est pas très sympa de sa part, mais c’est amusant quand on y repense. Elle cherchait juste à vouloir descendre avec nous. Elle faisait la course dans l’escalier, qu’elle dévalait à une vitesse extraordinaire.
Elle n’aimait pas son panier, elle préférait dormir à nos pieds ou pire, entre les jambes. Du coup, difficile de se retourner dans le lit, mais pour ne pas la réveiller, on faisait avec. Je ne compte plus les griffes, souvent elle nous agrippe quand elle est énervée, mais je l’avoue, c’est souvent quand je tente de la caresser. Mahina n’aime pas les câlins, ou alors rapide. La prendre dans ses bras, elle n’a jamais été méchante, je pouvais lui approcher la figure sans soucis, même énervée elle n’aurait jamais attaquée. Pour les mains c’est une autre histoire. Celle ci m’a fait une belle cicatrice à la main. J’étais déçu de voir qu’elle resterait probablement, mais à regarder de plus près, celle ci s’efface, à contre cœur désormais.

Souvent, elle attaquait nos pieds, griffes et dents sur la peau, histoire de vous rappeler qui est le maitre ici. Par vengeance mais de temps en temps pour attirer l’attention. Elle avait aussi quelques particularités comique : elle adorait les cartons comme beaucoup de chat, mais son jouer favori était le paquet de mouchoir ! Impossible de laisser trainer cela dans la maison sans le retrouver croqué de partout ou pire, les mouchoirs étendus sur le sol. Elle était une sacrée chipie, une voleuse née. Un tiroir mal fermé, un sac à main dans le coin, vous êtes sur de la retrouver là ! C’est assez comique de la voir récupérer un paquet dans un sac à main ! Dommage qu’on ne lui ait pas apprit à piquer les portes monnaies ! De notre lit, lancez lui un paquet de mouchoir, comme un bon chien, elle s’en ira le chercher puis vous le ramène pour recommencer de plus belle.

Était ce son caractères, était ce un mauvais souvenir de mauvais traitement ? Je ne lui en veux pas, c’était mon chat, ma chatoune, mon bébé d’amour comme je lui répétais quotidiennement. Je ne supportait pas l’idée de l’emmener chez le véto, stressé pour elle, D’ailleurs petite, elle m’en a fait des frayeurs. A regarder dehors, nous n’avions pas pensé à bloquer le vélux de la chambre. Plus d’une fois elle est montée sur le toit avec la peur au ventre qu’elle tombe. Mais non, sans rien lui arriver, je l’ai récupérée avant de bloquer portes et fenêtre.
Et le temps passe. Notre vie est comblée de bonheur, l’arrivée de notre fils est prévue pour septembre. Mahina aura un petit frère ! Elle aime d’ailleurs à se coucher sur le plan à langer dans la salle de bain, devenu son endroit favori pour y dormir, le jour comme la nuit. sans doute aussi parce qu’il fait bon. Et ces derniers mois, s’en donne à cœur joie de jouer dans les cartons d’ameublement .

Tragédie du 18 juillet 2010, alors que nous étions resté à la maison ce dimanche pour y aménager le salon avec quelques amis, notre chatte rentre de sa balade. Nous avions prit la décision de la laisser sortir mais toujours avec un oeil sur elle. Elle n’est pas loin, elle découvre les endroits, elle n’est pas une grande aventurière. Elle scouate uniquement notre jardin, ou au pire, ne s’échappe pas à plus de 10m de la maison sans jamais aller devant, sur la route.

La belle reviendra par la fenêtre, sans rien dire, elle monte quelques instants puis redescendra tranquillement. vautré dans nos canapés vers 21h30, elle fait signe de vouloir se purger. Je surveille pour ramasser mais hélas, c’est du sang. Paniqué, on se rend d’urgence dans la clinique de garde à 20 minutes de là. Mahina n’y survivra pas.
Que s’est il passé ? Je ne comprend pas … Qui ? Quoi ? Comment ? Pourquoi ? C’est horrible. La nuit se passe difficilement, impossible à fermer l’oeil de la nuit. Lendemain douloureux, je demande l’autopsie du corps que j’irai chercher à 13h pour la ramener au laboratoire à 10 minutes de là. Les mots sont douloureux, les larmes toujours dans les yeux. Je la confie avec soin, content d’avoir fait un dernier bout de chemin avec elle. Et le résultat tombe : choc traumatique.
Elle n’a pas été empoisonnée. Après visionnage de la caméra de surveillance du jardin, rien d’anormal, bien que la belle n’est pas détectée par celle ci, à cause de sa faible taille. Pas d’accident non plus, aucune explication logique. Un voisin méchant ? Peu probable après une discussion puisque tout le monde derrière possède ou aime les animaux.
2 ans et demi, c’est injuste. C’est une chose à laquelle on ne s’attend pas. Vécu comme un véritable drame j’ai encore toute mes pensées, les plus joyeuses comme les pire moment en tête. Difficile aussi de remonter le morale de Lydie.
Ton amie Roxanne t’envoie sa sympathie, elle se souvient de toi, d’avoir dormit avec toi pendant la semaine de notre mariage.
J’ai encore du mal à parler, encore du mal au fond de moi et pourtant je sais qu’il faut que ca sorte. Elle s’en est allée, faire un long voyage, nous laissant dans notre chagrin, boulversée sans comprendre ce qui s’est passé. Heureux quand même d’avoir soutenu la belle jusqu’au dernier moment. Elle en sera sans doute reconnaissante. Nous ne t’avons pas abandonné, nous avons prit soin d’elle pendant ces courtes années. Malheureusement tu ne connaitras pas ton petit frère. Mais nous ne manquerons pas de lui conter tes aventures.
Je n’ai pas eu la force de garder tes cendres, je ne suis pas du genre à enterrer au fond du jardin. Je préfère garder en moi les bons moments passés ensemble, sans devoir à te pleurer sur ta tombe. Tes photos me font couler des larmes. La maison est si vide sans toi, j’ai du mal à faire quelquechose. Je me concentre sur quelques séries, histoire de me changer les idées, en ingurgitant des anti-stress. Je n’arrive pas à me détacher de toi dans mes pensées mais je ferai l’effort d’être fort. J’espère que tu as passé de bon moment avec nous, que tu ne regrette pas ta courte vie et que tu fasses bon voyage. En espérant te revoir.
On t’aime.
